I. Historique :

 

" Du début à la fin des olympiades "

 

· Les Mythes Fondateurs :

       Qui inventa les jeux olympiques? Est-ce, comme le rapporte Pindare, le demi-dieu Héraclès - l'Hercule des Romains -, célèbre héros de la mythologie grecque? Selon le poète, Héraclès aurait, pour fêter ses victoires guerrières, édifié un temple en l'honneur de Zeus, son père, à proximité de la tombe de son grand-père Pélops. Puis il aurait délimité une enceinte sacrée plantée d'oliviers, l'Altis, et inauguré à l'intérieur de cet espace les premiers jeux olympiques. Une autre version du mythe fait référence à l'un des douze travaux du héros : le nettoyage des écuries d'Augias, roi d'Elis. Après avoir accompli sa tâche en détournant le fleuve Alphée, Héraclès tua Augias et sa famille, prit le pouvoir et institua les jeux olympiques en souvenir de sa victoire. Le géographe et historien grec Pausanias attribue quant à lui l'origine des premiers Jeux à un autre Héraclès, l'aîné des Curètes, originaire de l'Ida. Pour célébrer le triomphe de Zeus sur son père Cronos, il proposa à ses frères une course à pied dont le vainqueur serait couronné d'une tresse d'olivier sauvage. Les participants étant au nombre de quatre, la compétition adopta un rythme quadriennal.

       Les interprétations abondent. Pour certains, Zeus aurait lui-même instauré des jeux Olympiques, symbole de sa puissance nouvelle. Pour d'autres, c'est le grand-père d'Héraclès, Pélops, qui institua les Jeux afin de remercier les dieux de sa victoire sur le roi de Pise dans une course de chars (il aurait fait saboter les roues de son adversaire qui fut mortellement blessé dans l'accident). Pélops, Zeus ou Héraclès ? Quelle que soit la réponse, le fondateur des Jeux trouva là l'occasion de célébrer son pouvoir et d'expédier ses crimes.

 

· L'Entrée dans l'Histoire :

       En 884 av. J.-C., après avoir consulté la Pythie de Delphes, Iphitos, roi d'Elis, soucieux de remédier aux guerres fratricides qui déchiraient la péninsule, décida de restaurer les Jeux dans la ville sacrée d'Olympie. En accord avec Lycurgue, roi de Sparte, il imposa une trêve des armes entre les deux cités pendant toute la durée des festivités, appelées les "  Olympiques " et accompagnées d'un sacrifice à Héraclès. Ce n'est toutefois qu'un siècle plus tard, à partir de 776, que les Jeux seront régulièrement célébrés à Olympie. Le calendrier grec se constitue à partir de cette date, divisé en olympiades, périodes de quatre ans séparant deux célébrations. La fête ou panégyris avait lieu alternativement aux mois de Parthénios et d'Apollonios, c'est à dire en plein été, au moment de la pleine lune.

 

· Décadence et fin des Jeux :

       A l'époque classique, la civilisation grecque était à son apogée: les guerres médiques contre les Perses se terminaient (victoires de Marathon en 490, de Salamine et de Platées); c'était l'époque des philosophes Platon et Aristote, des poètes Eschyle et Pindare, chantres de l'olympisme. Les arts étaient même associés aux épreuves sportives. La longue guerre du Péloponnèse opposant Athènes à Sparte (431-404) entraîna toutefois un déclin des Jeux. Cette décadence de l'institution olympique se confirma à l'ère macédonienne, avec la fin de l'indépendance des cités et la professionnalisation ouverte des athlètes. La compétition, qui depuis les origines avait été l'occasion de rencontres et de négociations politiques, procurant une tribune aux orateurs de toutes sortes, tourna dès lors au spectacle mercantile.

       Rome, qui annexa la Grèce en 146 avant notre ère, marqua peu d'intérêt pour les Jeux, jusqu'à ce que certains souverains décident d'y participer eux-mêmes. Ce fut d'abord Tibère qui engagea un quadrige, puis Germanicus qui participa à la course et enfin Néron, en 67 apr. J.-C., dont la tricherie, dans la course de chars, est restée célèbre. Hadrien s'évertua à populariser les Jeux Olympiques, mais il était trop tard. Influencés par les jeux du cirque romains et leurs combats de gladiateurs, à mille lieues du vieux rituel hellène, ils avaient depuis longtemps perdu leur raison d'être. Le dernier olympioniké connu fut Varazdatès, vainqueur en boxe lors de la CCXCIe olympiade en 385. L'empereur chrétien Théodoze aurait finalement aboli les Jeux en 394, dans l'indifférence générale, pour cause de paganisme.