III. Exemple de l'architecture d'une ville olympique: Olympie
"Un mythe olympique : Olympie"
Olympie (gr. "olimbia") est le sanctuaire de la Grèce antique où se tenaient les jeux olympiques (crée officiellement en 776 av. J.C.). Dans l'Antiquité, c'était un sanctuaire orné d'édifices associés aux jeux et au culte des dieux et comportant de nombreux trésors de l'art grec : des temples, des monuments, des autels, des théâtres, des statues et des offrandes votives de bronze ou de marbre. Elle se situe dans la vallée de l'Elide, au pied du mont Kronion et au confluent de l'Alphée et du Kladéos.
Le Site d'Olympie
Le site d'Olympie (au centre) est plat et relativement luxuriant. La colline boisée (à gauche) n'est autre que le mont Cronos. La palestre se trouvait à droite sur la rive du fleuve.
B. Les différentes parties du site
· Le plan du site d'Olympie : (2 plans)

Ci-dessus, un plan général du site d'Olympie. Les limites de l'Atlis durent être plusieurs fois reculées tant on y construisait de temples et de statues. Près du nymphaion poussait l'olivier sacré. Les prêtres logeaient au théokoléon, près duquel Phidias avait son atelier. Les contrats d'Etat étaient proclamés dans le sanctuaire. Des hommes politiques ambitieux, tel Alcibiade, y faisaient leur propre propagande.

Les courses à pied se disputaient dans le stade (à droite), les combats de lutte avaient lieu dans la palestre (à gauche).

Ci-dessus, à gauche, le Stade d'Olympie. Construit au Ve siècle av. J.-C., à l'apogée du rayonnement d'Olympie, centre religieux voué essentiellement au culte de Zeus, le stade est le lieu du premier concours gymnique, la course à pied, lors des jeux Olympiques qui s'y tenaient tous les quatre ans et auxquels participait tout le monde grec. Le stade fut déblayé à partir de 1958 par une équipe d'archéologues allemands. A droite, la ligne de départ des courses à pied au stade d'Olympie.
· Le site lui-même :
L'Altis, ou enceinte sacrée, s'étendait sur 200m de long et presque 177m de large. Elle renfermait les principaux monuments de culte et les édifices associés à l'organisation des jeux :
- L'Héraîon (Héra) ,édifié vers 600 av. JC, est le plus ancien des grands temples grecs et est probablement le premier édifice dorique connu. Il abritait la table sur laquelle on déposait les couronnes préparées pour les vainqueurs des jeux. Les colonnes d'origine, en bois, ont peu à peu été remplacées par de puissantes colonnes en pierres. Il a également d'imposantes dimensions (le soubassement mesure environ 28x64m).
- Le temple de Zeus Olympien, le plus célèbre, a été construit entre 468 et 457 av. JC par Libon d'Elis. Le temple de Zeus abritait la statue de Zeus, ouvre du sculpteur Phidias dans les années 430 av. JC après la victoire sur les Perses. Ce temple est considéré comme l'une des sept merveilles du monde.
- A côté de ce temple figurait l'autel de Zeus, lieu où les offrandes en l'honneur de ce dieu étaient déposées.
- La tombe de Pélops.
- Les temples votifs comprenaient une esplanade de treize chapelles (les Trésors) qui recevaient les offrandes des peuples grecs et le Philippéion, un temple circulaire ionique consacré, au 4e s. av. JC, par Philippe II, roi de Macédoine, à lui-même.
- Au bas de la terrasse des Trésors, on constate la présence d'un alignement de 16 statues de Zeus, payées avec l'argent des lourdes amendes infligées par les juges des Olympiades aux athlètes responsables de tricheries ou de tentatives de vaincre par la ruse.
- En dehors de l'Altis, à l'Est, se trouvaient le stade (on y accédait par un tunnel) où s'étendait une large piste sur 192,25 mètres (soit, d'après la légende, six cents fois la longueur du pied d'Héraclès) et l'hippodrome où se déroulaient les épreuves. Les versants, aménagés en gradins, pouvaient accueillir près de quarante mille spectateurs.
- Autour du périmètre sacré sont disposés les bâtiments nécessaires au déroulement des jeux: le Bouleutérion, de plan rectangulaire, destiné à l'assemblée du peuple et où siégeait le Sénat olympique (autorité supérieure des Jeux); le Léonidaion, (entouré de jardins et de fontaines) logis pour les hôtes de marque et qui faisait d'Olympie, tous les quatre ans à l'occasion des jeux, le cour de la Grèce; le Prytanée qui était le lieu où les vainqueurs des Jeux étaient reçus et se divertissaient. Il y avait aussi de nombreuses infrastructures sportives comme les bains et les thermes, qui étaient des édifices remarquables par leur aspect fonctionnel et leur élégance.
- À l'Ouest, on peut admirer la Palestre, ou l'école de lutte, et le gymnase (gymnasion), où tous les compétiteurs étaient obligés de s'entraîner durant au moins un mois avant les jeux (le gymnasion était réservé au logement et à l'entraînement des athlètes).
- On trouve également le Métroon (une espèce de vestiaire) et le spatieux atelier occupé par Phidias au moment où il était en activité à Olympie.
La Palestre
Des maîtres de gymnastique (paidotribaï, au singulier paidotribês) entraînaient les garçons à l'athlétisme et à la lutte dans une palestre (palaistra), bâtiment bas avec des vestiaires et une cour à colonnades, au sol recouvert de sable. Chaque ville grecque disposait d'un tel lieu .
Entrée du stade d'Olympie. Le stade mesurait un stade (environ 177 m.) de long.
Bien que la richesse des temples ait suscité des convoitises, le monde romain contribua à l'accroître. Le musée d'Olympie conserve un bel ensemble d'ouvre : fragment du fronton du temple de Zeus, Hermès portant Dionysos enfant de Praxitèle (réplique antique), Zeus enlevant Ganymède, petits bronzes et objets liés à la vie du sanctuaire.
Les fouilles sur Olympie commencèrent en 1829 par une équipe de français. Et de 1875 à 1881, des archéologues allemands mirent à jours les plans des édifices ;ceux-ci recommencèrent en 1936, 1952, et en 1960 et 1961. De nombreux objets remarquables furent retrouvés, dont la statue en marbre d'Hermès portant Dionysos enfant (v. 340 av. JC).

Praxitèle, "Hermès portant Dionysos enfant", v. 340 av. J.-C. Musée archéologique d'Olympie
Considérée par certains spécialistes comme l'unique sculpture authentique de Praxitèle, la statue fut découverte en 1877 lors de l'excavation du temple d'Héra à Olympie. La grâce et la sensualité de la figure témoignent du talent de l'artiste, qui maîtrisait parfaitement les nuances de modelé et travailla presque exclusivement le marbre.